EDELWEISS NEWSLETTER

Catalonian Edition - Volume 3 - 5 Avril 2005

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Voyage d’études au pays des Calçots

L’avantage pour Minh, c’est qu’en tant que « exchange student», c’est a dire expatrie de Sydney, les notes ne comptent pas : il faut juste faire le minimum syndical pour pas redoubler… En plus, comme tout le monde est en fin de cycle d’études, les préoccupations majeures s’orientent autour de la recherche du prochain emploi, et surtout une forte propension a fêter les séparations a venir… Et ça, on s’en doutait, la fête, ils savent faire…

Pour nous, l’épisode le plus mémorable, ça a du être la sortie « Calçots », une tradition de saison typiquement catalane. Au début, ils ont essayé de donner le change, en organisant un volet culturel a ce beau samedi ensoleille : visite intime (un groupe de juste 80 étudiants) du monastère de Poblet, avec une guide autoritaire qui n’aime ni les enfants qui font du bruit, ni les touristes qui s’attardent pour prendre des photos… austère comme la vie religieuse d’antan, mais l’atmosphère monte d’un ton a la dernière salle, ou l’on stockait a l’époque les moult tonneaux de vin produits par les moines… une sorte de frénésie collective semble se développer. Vin, quelqu’un a dit vin ?
Très peu plus tard, les choses sérieuses commencent : le car nous débarque devant une petite auberge intime en rase campagne, au milieu des vignes… la taille de notre groupe repousse dans les coins les malheureux (mais ils ne le savent pas encore) autres clients qui ne s’attendaient pas a voir une telle foule débarquer… Le programme officiel en dit long : 60 minutes pour la visite, 4 heures pour déjeuner… ça promet…

On commence par nous donner un joli bavoir a carreaux blancs et rouge a accrocher autour du cou… sur chaque table, remplis de vin rouge et de cidre, plein de « porrons ». Cette espèce de vase au bec verseur tout allonge qui oblige de tendre le bras pour laisser couler le liquide droit dans la bouche et permet de s’assurer que tout buveur qui se respecte s’en mettra plein partout, surtout en fin de repas.
C’est bien connu, en Espagne, il ne faut pas boire le ventre vide. Aujourd’hui, la fine tapa basque est remplacée temporairement par quelques kilos de charcuterie, tellement excellente qu’on avait déjà plus faim après… et pourtant le clou du spectacle ne fait qu’arriver : les « calçots » un légume tout allonge hybride entre l’oignon et le poireau, cuit a la braise, qu’on dépiaute avec les doigts, trempe dans une sauce merveilleusement goûtue, laisse suspendre au-dessus de sa bouche, et avale en une fois. Utile, finalement, ce bavoir…

Régulièrement, les serveurs repassent pour être sur que les porrons sont pleins… faudrait pas que l’ambiance retombe avec le plat principal a venir: des fois qu’on aurait encore un petit creux, des cotes d’agneau et leurs amies patates arrivent, PITIE !!!!! Dans la salle, les chants paillards en espagnol/catalans résonnent de plus en plus fort, et le kamasoutra du porron s’organise. Voilà un gars qui s’en finit un entier tout seul, debout et cul sec. Puis un autre qui se met en arrière sur sa chaise pendant que deux complices lui versent chacun un porron. Le record en restera à trois porrons pour une victime, quoique du point de vue quantité, on peut se demander si le liquide qui tombe a cote de la bouche compte vraiment.

Le marathon gastronomique se conclut après le cava (vin champagnise), le dessert et le chupito-pousse café, et on était plutôt contents de marcher un peu jusqu’au bus et aller y siester pour le trajet du retour. Grave erreur !! L’espagnol/catalan/sud-américain bourre est content et très chanteur…et stratégiquement, notre place a l’arrière du bus était phoniquement peu adaptée… un concours de « A la recherche du Nouveau Poivrot » est lance…. ils ont chante a tue-tête pendant 3 heures, sans pitié pour notre mal de crâne naissant… au moins, on connaît désormais tous les hits hispanophones des 20 dernières années…

Retour a Barça


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